Howl
is a experimental photographic result of a encounter with Buddy in New-York, performer and Allen Ginsberg's friend.
Thirty-six poses of a 35mm film partially destroyed by light are aligned and bring a version of the poem Howl to take shape on the remaining figures. Some of the images resist, some appear in fragments, others are no longer visible. Resilient bodies are engraved with text, such as hazardous safeguards.
Crossed by the same urgency as the typographic roll of On the Road by beat poet Jack Kerouac, images become cohesions between movement, randomness, and encounter.

(galerie hasy - exhibition view at 360°)

howl,
texte de nicolas havette, directeur artistique de la Galerie le magasin de jouets

Le cri est profond, le geste méthodique, conscient, pas de repentir possible vers l’utopie, c’est un tatouage gravé sur les 36 mémoires d’une pellicule oubliée. Isabelle Ha Eav recouvre les corps oubliés d’un geste poétique et protecteur, elle les habille et les scarifie, tel un rituel protecteur, comme un mélange de sang, un pact avec le poète, avec le texte. Les corps des jeunes skater deviennent célestes, constellations invitant les voyageurs à reprendre au vol ce cri lancé par Ginsberg il y a plus de 60 ans.

Nous ne pouvons en retenir que des bribes, quelques battements de lettres face au déchirement, à la rupture et restera dans votre mémoire une danse d’ombre et de corps oscillant entre mouvements et oubli, une chorégraphie typographique libérante de l’inéluctable attraction terrestre. C’est un hurlement aphone, un accident prémédité qui double silencieusement Allen Ginsberg par la droite, un hommage au corps du texte, à la route, aux adolescents qui tentent d’échapper aux espaces physiques, c’est une poésie en noir et blanc, un manifeste d’espoir et de contradictions, une invitation à crier.