avec le soutien du Centre d’ Art Contemporain Photographique Villa Pérochon

au creux
texte de Thyl Détré

Il y a le geste suspendu, la possibilité. D’en être, de transparaitre.
Quelques degrés de moins pour que l’eau mouvante devienne surface.
Quelques degrés de plus à l’angle du regard pour que l’image se révèle.

Dans les transparences c’est par la peau que l’image émerge, et c’est l’angle du regardeur qui est révélateur de ce geste qui se tient là, au fil de l’eau, il suffit d’un rien, un presque rien.C’est ce presque rien, ce spectre, la possibilité d’un corps qui prend chair.

C’est la peau qui est béance dans l’image, alors le corps fait trouée, des éclaircies.
Le corps prend marbre aussi, c’est selon.

À voir l’image au travail, travail qui pourrait durer infiniment, aussi longtemps que l’on aimerait se jouer des transparences, on revoit intimement et avec camaraderie, le papier, dont le blanc devient marbre.La statuaire de l’image fixe, vibrante de ses possibles.
Tout dépend d’où on regarde, tout se joue là.

Il y a ces gestes suspendus, les regards qui cherchent et les images qui s’incarnent. Le peut-être, frotté aux surfaces sensibles, pierres de touche d’un presque rien.